L'effet cocktail des polluants de l'eau du robinet serait source de cancers

L'effet cocktail commence à être bien étudié concernant les particules de l'air ambiant.


Une récente étude américaine lève le voile. 

Le rôle des agences sanitaires, qu'elles soient françaises, européennes, américaines..., est de statuer sur la dangerosité toxicologique des molécules que l'on retrouve au sein de nos aliments, de l'air que l'on respire et de l'eau courante. Si depuis quelques décennies, des normes sont fixées et révisées régulièrement en fonction de nouvelles analyses concernant chaque molécule jugée dangereuse à une certaine dose, peu de travaux sont effectués à propos de l'effet cocktail. L'effet cocktail en toxicologie, c'est le fait que diverses molécules interagissent entres elles et aboutissent à un impact alors difficilement mesurable dans un milieu contrôlé comme un laboratoire. Les combinaisons et les interactions sont extrêmement nombreuses. Néanmoins, des prises de conscience ont fait émerger des normes concernant les polluants de l'air ambiant à partir de cet effet cocktail. Concernant l'eau, il existe peu de données. Une nouvelle étude pourrait nous en apprendre davantage. 


Quelques rappels de toxicologie


Nous savons qu'aucune molécule active, qu'elle soit naturelle ou de synthèse, n'est anodine et qu'elle peut potentiellement avoir des effets sur notre organisme. C'est pour cela que les agences s'appliquent à contrôler la balance bénéfice apporté par une pratique qui relâche telle particule et risque de retrouver cette particule, à une certaine dose, pour l'ensemble de la population dans l'air, l'eau ou l'alimentation. Tout peut potentiellement représenter un danger et, comme en médecine, seule la balance bénéfice/risque a du sens.

L'effet cocktail : la hantise du réductionnisme


Toutes les particules connues présentes dans l'air ambiant, tous les résidus de pesticides présents dans nos aliments et toutes les molécules potentiellement dangereuses que contient l'eau courante sont soumises à des normes. Par exemple, une dose journalière admissible (DJA) doit être respectée pour toutes les molécules se trouvant dans nos aliments et dans l'eau. Cette DJA correspond au seuil au-delà duquel la molécule seule est susceptible d'avoir un effet sur la santé humaine. Seulement à l'instar des perturbateurs endocriniens qui, même à des doses minimes, peuvent interagir entre eux et poser des problèmes sanitaires, il en va de même pour les autres substances. Et cet effet cocktail commence seulement à être étudié, car il génère beaucoup de données. Faute de moyen technologique performant, il était difficile de l'étudier antérieurement.