Opiacés : les antidouleurs sont la première cause de décès par overdose en France


Lorsque nous pensons aux drogues qui tuent le plus par overdose en France, nous pensons naturellement à l’héroïne, au crack ou à la cocaïne. Et pourtant, ce sont des anti-douleurs vendus sur ordonnance qui sont la première cause de mort par overdose.



C’est ce que dénonce le professeur Dematteis, responsable du service d’addictologie du CHU de Grenoble, qui s’étonne du peu de mises en garde présentes sur les boîtes de médicaments. Les opioïdes peuvent être 50 fois plus puissants que l’héroïne et tuent chaque année plus de 1 000 personnes.


Ces dernières années, la consommation de ces anti-douleurs a explosé :

+ 88% depuis 2004 pour les opioïdes forts et même +1950% pour l’oxycodone. En 15 ans, le nombre d’overdoses par ces médicaments a triplé. Le problème, avec ces anti-douleurs, c’est que nous développons rapidement une dépendance, le risque d’accoutumance est très élevé.


Actuellement, 12 millions de Français prennent des opioïdes.

11 millions prennent des opioïdes faibles qui sont  délivrés sur ordonnance pour lutter contre les douleurs modérées à intenses (CoDoliprane, Topalgic…), mais il y a le même risque de faire une overdose et de devenir dépendant.

D’après la revue européenne European journal of pain, entre 2000 et 2017, les hospitalisations suite à une overdose aux opioïdes ont explosé de 167% et le nombre de morts a augmenté de 146% entre 2000 et 2015.

lien revue : https://onlinelibrary.wiley.com/journal/15322149

Ainsi, quand on demande au professeur Dematteis « Les patients ont-ils conscience de prendre des médicaments plus puissants que l’héroïne ? » il répond sans hésiter :

« Non. Mais non seulement les patients n’ont pas forcément cette conscience, mais les soigneurs non plus. »

Nous devrions donc prendre davantage de mesures afin de lutter contre les opiacés, renforcer le système de surveillance des médicaments et mieux informer les soignants sur leurs risques.

Découvrez l’intervention du professeur Dematteis, extraite d’Envoyé Spécial :


Par Antoine Mercier