80% des français ont un déficit en vitamine D

Mis à jour : 5 oct. 2020

Publié par Christophe Dubeau 2 août 2019

Article mis en ligne le 04/07/2012.


IFSS : Dr, que pensez-vous des deux dernières publications parues en 2012 faisant état d’un déficit en vitamine des français (Institut National de Veille Sanitaire et rapport de l’Académie Nationale de Médecine) ?

Dr :

J’ai été consulté par les auteurs de ces deux rapports qui ont été menés de manière parallèle et indépendante. Les résultats présentés dans ces deux publications sont parfaitement cohérents et les auteurs concluent que le déficit en vitamine D est extrêmement fréquent en France.

En synthèse, ont peut dire que 75 à 80% des français présentent un insuffisance en vitamine D, définie par un taux sanguin de 25(OH) vitamine D inférieur à 30 nanogrammes par millilitre (ng/mL). Un français sur deux présente un taux inférieur à 20 ng/mL.

On considère également qu’environ 5 % des français ont une carence profonde en vitamine D (taux inférieur à 10 ng/mL) et sont exposés à un risque d’ostéomalacie (maladie osseuse de l’adulte équivalente au rachitisme chez l’enfant).

Les pourcentages annoncés peuvent paraître très élevés et pourtant il faut noter qu’il sont probablement inférieurs à la réalité, puisque certaines techniques de dosage de la 25(OH) vitamine D ont tendance à surestimer le taux de vitamine D.

Il faut également noter que ces chiffres sont constatés chez des adultes en bonne santé, mais on sait que le déficit en vitamine D touche encore plus fortement certaines populations (sujets âgés, personnes ayant une peau foncée, personnes en surpoids,…) ou présentant certaines maladies (insuffisance rénale chronique par exemple).

Enfin, pour être exhaustif, on observe également de fortes disparités régionales, les régions à faible ensoleillement sont encore plus touchées par le déficit en vitamine D.


IFSS : Quel est le taux de vitamine D aujourd’hui considéré comme normal ?

Dr :

Pour évaluer notre taux de vitamine D on dose le taux d’une de ses formes, la 25(OH)D, qui reflète le stock de vitamine D de notre organisme et qui permet donc de savoir si une personne présente ou non un déficit en vitamine D.

Bien qu’il ne s’agisse pas d’un consensus absolu, la majorité des experts estiment qu’il faut avoir une concentration supérieure à 30 ng/mL pour définir un statut vitaminique « optimal ».

En raison de la toxicité potentielle de la vitamine D, on définit également une limite supérieure à ne pas dépasser. Cette zone a été fixée arbitrairement à 80 ng/mL, ce qui représente une marge de sécurité suffisamment éloignée de la zone de toxicité théorique.

Quelques chiffres

Taux recommandés de vitamine D (dosage de 25(OH)D)

On utilise deux unités, les nanomoles par litre (nmol/L) utilisées internationalement, et les nanogrammes par millilitre (ng/mL), fréquemment retrouvées dans la littérature scientifique.

Pour convertir, il suffit de multiplier les ng/mL par 2,5.


Equivalences en matière de vitamine D

1 ng/mL de 25(OH) vitamine D = 2,5 nmol/L

1 mg de vitamine D = 40 000 UI (unités internationales)

Apports nutritionnels français conseillés

400 UI/jour si < 65 ans

600 UI/jour si > 65 ans

Nouveaux apports conseillés par les experts

800 à 4000* UI/jour

* niveau supérieur sans danger chez l’adulte


Le soleil apporte de la vitamine D, sans jamais entraîner de surdosage : l’exemple de la Tanzanie

Pour se faire une idée du taux « normal » de vitamine D, on peut observer une population dont le phototype est parfaitement adapté à son environnement depuis des millénaires et vivant en extérieur dans une région ensoleillée. C’est ce qui a été fait dans une étude publiée en 2012 sur le t